Cimetière militaire

La nécropole militaire du Bois Robert

Nécropole 6Située en plein cœur du Pays de la vallée de l’Aisne, cette nécropole française, créée au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1923, sur une superficie de 36 400 mètres carrés, est la plus importante du département de l’Aisne avec 11 232 corps, dont 3 076 dans quatre ossuaires et 76 civils.

 La loi du 29 décembre 1915 a décrété que les combattants ont droit à une sépulture perpétuelle. Après la guerre, les petites nécropoles militaires, formées à l’occasion des combats, sont innombrables. À Ambleny, le cimetière du Pressoir est le plus important. Il avait pour origine un hôpital militaire de campagne situé entre le cimetière actuel et la route de l’écluse. Il y avait aussi d’autres lieux de sépultures, le long du cimetière communal, au Soulier, à Maubrun, à Hygnières… Un autre cimetière se trouvait près du pont de l’Aisne et, un peu plus loin, il y avait les trois cimetières de Confrécourt. Dans les années vingt, les petits cimetières ont été regroupés dans de grandes nécropoles nationales. C’est dans celle d’Ambleny qu’ont été regroupés, en 1919, les corps provenant de cimetières militaires provisoires tels Cerseuil, Longueval, Missy-sur-Aisne, Saint-Christophe (à Soissons), Oulchy-le-Château, Jouy, Nanteuil-la-Fosse. Puis on y a ajouté des corps provenant de Longpont (628 corps), Saint-Rémy-Blanzy et Selens. En 1931, d’importants financements ont été votés pour embellir les cimetières et leur donner leur aspect actuel. Enfin, au début de la Seconde Guerre mondiale,  on y a enterré en 1940 des soldats du 23e régiment de volontaires étrangers tués au cours des combats dans le secteur.

La nécropole du Bois Robert présente quelques particularités. Le monument, chose peu courante, est dédié aux enfants du village morts pour la France mais aussi aux combattants qui ont défendu le village. Henri Barbillon, dit Kleber, figure aussi sur le monument de Pernant. Il était né à Pernant mais ses parents habitaient Ambleny. Alors qu’il était en permission, il a été tué par un éclat d’obus sur le chemin entre Pernant et Ambleny.

Nécropole 3Derrière l’uniformité des tombes se cache une véritable page d’histoire de la guerre dans notre région. Voici quelques exemples parmi les soldats inhumés ici.

Joseph Déchelette (F83), capitaine du 298e RI, est considéré encore aujourd’hui comme le fondateur de l’archéologie française. Les six volumes de son « Manuel d’archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine », publiés entre 1908 et 1914, restent inégalés et ont été réédités. Le lieutenant-colonel Georges Graux (G2), le capitaine Blanc (G58) et le médecin Bornay (G22), tous du 60e RI, ont été tués lors de l’effondrement de leur PC le 12 janvier 1915, pendant l’effroyable bataille de Crouy, un épisode tragique du début de la guerre. Une tombe double est particulièrement émouvante, c’est celle d’Henri Communal (B215), tué le 9 juin 1940, qui est enterré dans la même fosse que son père Charles Communal, capitaine du 298e RI, tombé le 17 septembre 1914. Il y a aussi quelques tombes de combattants du Bataillon mixte du Pacifique (H345, notamment) composé de Tahitiens et de Canaques. Cette unité a combattu précisément à l’emplacement du cimetière militaire au début du mois d’août 1918.

Parmi les soldats étrangers, Martopenk, un Russe, est enterré sans indication de date de décès ni d’unité (H90). Le Danois Mogens Birck (H600), du régiment de marche de la Légion étrangère, engagé volontaire, tué le 12 juillet 1918, a deux tombes : la croix et la pierre tombale qui se trouve en face, de l’autre côté de l’allée. C’est en contradiction avec la règle des cimetières militaires qui voulait que les combattants soient enterrés sans signe distinctif. La tombe la plus tardive est celle d’un Indochinois, Yu Chao Louong (A178), avec la date du 15 janvier 1919.

Et puis, il y a les tombes de six fusillés pour l’exemple. Léonard Leymarie (B135), du 305e RI, accusé de mutilation volontaire et fusillé à Port-Fontenoy le 12 décembre 1914. Gaston Lefèvre (D129), l’un des meneurs de la mutinerie du 109e RI, exécuté à Mercin le 16 juin 1917. Jean Boursaud (C11), du 238e RI, et Alphonse Brosse, accusés de tentative de désertion, ont été fusillés à Ambleny le 10 octobre 1914. Henri Jolbert (D475) et  Guiraud (C544), du 42e RI, qui, pour ne pas monter en ligne, se cachaient dans les régiments au repos, ont été fusillés à Saint-Christophe-à-Berry le 16 novembre 1914. Jean Grataloux (D449), du 238e RI, accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi, le 12 décembre 1914, alors qu’il était emmené pour être fusillé, il a tenté de s’égorger pour échapper à son exécution.

Au fond du cimetière, une rangée de tombes provient d’un petit cimetière de Belleu situé à proximité de l’hôpital de Soissons. Il s’agit de civils, probablement réfugiés, tués à Soissons pendant la guerre. Enfin, le dernier soldat enterré dans la nécropole est le sergent Léon Chemier du 8ᵉ Zouaves, tué le 31 mai 1918 et dont le corps a été retrouvé en 2007 à Courmelles, aux écuries de Chevreux.Nécropole 2

Situation

  • Nécropole militaire du Bois Robert, RN 31, 02290 Ambleny

Application

  • « Fusillés et mutins », à télécharger sur Google Play pour tablettes et smartphones, et sur App Store pour iPhone et iPad.

Pour en savoir plus

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